Qu'est-ce que le transhumanisme ?

 

" Les vents du changement scientifique, social et culturel soufflent avec force. Ils vont nous envelopper dans ce nouveau monde, ce monde de demain... La clef de voûte de ce nouveau monde, ce seront les personnes, les personnes de demain. 

Voilà le scénario centré sur la personne pour le futur. Nous pouvons le choisir, mais que nous le choisissions ou non, il semble bien que dans une certaine mesure, il avance inexorablement vers un changement de notre culture. Et les changements iront dans le sens de plus d' humanitude. " 

A way of being, Carl Rogers

 

Existe-t-il une nature humaine ?

 

Pratiquer une psychothérapie "humaniste" implique d'entendre les questionnements et les inquiétudes de ceux qui viennent nous trouver, en souffrance dans leur "nature humaine".

 

Cet article n'a pas la prétention d'apporter des solutions à un problème, mais il permettra peut-être d'apporter de l'information à ceux qui cherchent leurs propres réponses quand on nous annonce que "le changement, c'est maintenant".

 

L'Homme change depuis la nuit des temps, d'un jour à l'autre de sa vie, de sa naissance à son dernier souffle et aussi à travers les lieux et les époques : il me semble qu'on ne peut accompagner personne sans prendre en compte l'environnement dans lequel il est venu au monde, sans prendre en compte l'esprit du temps qui nous façonne, en un mot : sa culture.

 

Ignace Meyerson nous pose la question : "Existe-t-il une nature humaine ?"

Question essentielle pour aborder le transhumanisme, peut-être... 

 

Que serait-il alors question de "traverser" ?

 

Notes de lecture

Adolfo Fernandez-Zoïla

Médecin des hôpitaux psychiatriques 32, avenue Pasteur – 94250 Gentilly

"La conclusion (pp. 407-440) est un rappel très explicite des « douze marques du niveau humain de base, douze traits propres à l’Homme... Classification qui paraît correspondre à ce qui, chez l’Homme, est le plus caractéristique et le plus frappant » (p. 408) : 1/ les œuvres ; 2/ leur conservation ; 3/ le travail matériel ; 4/ le travail mental ; 5/ les intermédiaires matériels : outils, instruments, machines ; 6/ les artifices ; 7/ le signe, intermédiaire mental essentiel de l’homme ; 8/ l’objet ; 9/ l’activité de classement ; 10/ l’expérience ; 11/ le langage ; 12/ l’histoire : comment des fonctions humaines classiquement tenues pour immuables peuvent se modifier et même se transformer."

 

Œuvre, fonction et société dans la « psychologie historique » d'Ignace Meyerson

Revue d'Histoire des Sciences Humaines, vol. 17, no. 2, 2007, pp. 119-136. Fruteau de Laclos, Frédéric. 

"La psychologie historique, par son attachement au sens du fonctionnement mental et aux variations de ce sens, est porteuse d'une puissance de renouvellement des modèles réductionnistes dans les sciences humaines."

Notre culture forge nos opinions

 

Sans même aborder la question du politique, la littérature, la sociologie, l'art, la philosophie, la fiction, le cinéma, la pop-culture, et la façon dont la psychologie, la psychiatrie, la médecine sont pratiqués... nous influencent dans notre façon d'être au monde. 

 

Il existe des systèmes "soutenus par des valeurs" (humanismes, spiritualités, morales...) ou value-laden. Les thérapies humanistes en font partie. 

 

Il existe d'autre systèmes qualifiés de "libres de valeurs" ou value-free. Ceux-ci prônent de ne faire intervenir que des faits validés scientifiquement dans leurs résultats, sans y intégrer les multiples croyances humaines, comme le fameux DSM, manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.

 

Pourtant, n'est-ce pas une croyance en soi de penser que l'homme est d'ores et déjà affranchi de toute spiritualité et que sa psyché n'est affaire que d'échanges chimiques ?

Qu'en savons-nous au juste ? 

 

Cet unilatéralisme matérialiste ne crée-t-il pas par réaction une soif parfois extrême, de réponses unilatéralement spiritualistes ? (A moins que ce soit l'inverse...)

 

 

 

La symbolique des mythes raconte comment l'Humain détient le pouvoir de faire le lien entre la terre et le ciel, c'est à dire entre le matériel et le spirituel 

(Gaïa et Ouranos chez Hésiode, etc.)

 

En psychothérapie, c'est souvent un moment décisif que de faire face à nos paradoxes.

 

Les quelques exemples qui suivent peuvent venir éclairer nos lanternes... nous aider dans nos actions d'aujourd'hui, à choisir dans quel monde nous voulons vivre demain.

 

L'Humain et la machine

 

https://iatranshumanisme.com/transhumanisme/la-declaration-transhumaniste/quest-ce-que-le-transhumanisme-version-3-2/

 

 "Les technologies modernes telles que l'ingénierie génétique, la technologie de l'information, la médecine pharmaceutique ainsi que l'anticipation des capacités futures dont la nanotechnologie, l'intelligence artificielle, le téléchargement des données du cerveau dans un ordinateur ou uploading, la félicité perpétuelle par modification chimique (paradise engineering) et la colonisation de l'espace font partie de la sphère d'intérêt des transhumanistes. [...] La nature humaine est et devrait rester essentiellement inaltérable."

 

http://www.ecologiehumaine.eu/lhomme-defie-par-le-transhumanisme/

 

"La liberté véritable de l’homme fragile est à préserver de la « libération » à marche forcée que prône le transhumanisme qui estime que l’idée même de nature humaine est source d’aliénation. C’est l’intérêt de l’homme et de tous les hommes qui doit guider la vitesse et le contenu des changements technologiques et non l’inverse. Ne faut-il pas enfin qu’advienne le « temps de l’homme »? "

 

https://www.politis.fr/articles/2018/10/intelligence-artificielle-le-cheval-de-troie-du-techno-liberalisme-39523/

 

"Pour que les avancées, bien réelles, de cette nouvelle révolution industrielle profitent au bien commun et pas au renforcement de l’emprise déjà considérable d’une poignée de « plateformes »."

 

https://philitt.fr/2016/02/03/bertrand-vergely-le-transhumanisme-voit-le-monde-comme-une-etable/

 

"Le transhumanisme ne peut de toute façon résoudre le problème métaphysique car il reste naïf. En bourrant l’homme de prothèses électroniques, il pense que l’homme pourra vivre mieux. C’est une thèse éculée : l’homme est dépendant et a besoin de la technologie, c’est le comble du matérialisme bourgeois. Cette idée du besoin du progrès technologique repose sur l’idée d’un manque à combler, idée qui provient d’une invention moralisante de cette même sphère de la technique. Pour répondre à un besoin qui n’existe pas, il faut inventer un manque qui n’existait pas préalablement dans les esprits. Ici, tout se résume globalement par un chèque, en croyant que l’homme est un ventre qu’on cale en nourrissant. Le transhumanisme voit le monde comme une étable."

 

https://www.le-passeur-editeur.com/les-livres/essais/la-tentation-de-l-homme-dieu/

 

"Considérer l’homme, ce n’est pas forcément faire de lui un dieu ; respecter la démocratie, ce n’est pas nécessairement céder aux passions démocratiques liées à l’égalité ou à la sécurité. Dans cet essai vif et engagé, Bertrand Vergely pointe les effets dramatiques d’un fantasme qui prend aujourd’hui de plus en plus de place : le désir d’être sans limite."

 

"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme"

 

Pantagruel

Rabelais, humaniste (1483 ou 1494 ? / 1553 )


L'Intelligence artificielle

L'intelligence Artificielle en santé : le CHRU de demain à l'ère de l'IA

Démonstration en images

Le point de vue d'un philosophe


Un peu de science-fiction

La relation entre l'Homme et la machine...

L'uploading...

Quand le plus grand désir d'un robot est de devenir humain... par Isaac Asimov

 

“On peut définir la Science-Fiction comme la branche de la littérature qui se soucie des réponses de l'être humain aux progrès de la science et de la technologie.”

 

L'oeuvre d'Asimov influence encore aujourd’hui les scientifiques spécialisés en robotique. Il est notamment le créateur, en 1942, des Trois Lois de la robotique qui ont largement inspiré les chartes éthiques de la robotique du XXIème siècle.

 

1 - Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.

 

2 - Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi.

 

3 - Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.

 


 

" Je me suis débarrassé de ce qui était incompatible avec ma nature. Incompatible, par exemple, l'idéalisme. Le titre veut dire : "Là où vous autres voyez des choses idéales, moi je vois des choses humaines, hélas, bien trop humaines !..."

Friedrich Nietzsche, 1888.